Poséidon, dieu grec de la mer, est assimilé à Neptune dans la mythologie latine. Fils de Rhéa et de Cronos, frère de Zeus et d’Hadès, époux de la néréide Amphitrite, il possède un palais merveilleux situé au fond des eaux et se déplace dans son royaume aquatique sur char tiré par des chevaux à queue de poisson.

Poséidon

Poséidon sur son char, mosaïque conservée au musée de Sousse en Tunisie

Poséidon est, avec Zeus et Hadès, l’un des trois fils de Cronos et de Rhéa, les Titans qui règnèrent sur l’univers avant que leurs fils prennent le pouvoir.

Poséidon s’est vu offrir en partage la domination de la mer, et il est devenu le dieu marin par excellence. Il n’en a pas toujours été ainsi.

Nommé par Homère comme par Hésiode "l’ébranleur de la terre", Poséidon a tout un passé "terrestre". Comme ses soeurs et son frère Hadès, il fut dévoré à sa naissance par son père, avant d’être libéré par Zeus grâce aux conseils de Métis (voir notre page sur la Cosmogonie). Mais on dit aussi que Rhéa donna à Cronos un poulain enveloppé de langes à la place de l’enfant, et que c’est le poulain que Cronos engloutit.

Et Poséidon le "terrestre" est lié au cheval. C’est sous la forme d’un étalon qu’il s’unit à Déméter, qui s’était cachée de lui en se métamorphosant en jument, alors qu’elle était en train de chercher sa fille, enlevée par Hadès. De cette union naquirent deux enfants, une fille, une déesse mystérieuse que l’on ne doit pas nommer (et que certains, pourtant, nomment Despoena), et un cheval sauvage, Aérion. A la Gorgone Méduse, il donna aussi deux enfants, un fils, Chrysaor, et un cheval, Pégase.

Mais ce ne sont pas que de chevaux qu’il fut père : il semble bien qu’après Gaïa, dont on connaît la descendance monstrueuse, il engendra plusieurs créatures étranges, dont certaines furent terribles, comme le cyclope Polyphème, qui dévora tant de compagnons d’Ulysse. Mais certaines de ces créatures furent bienveillantes, comme le bélier d’or qui sauva Phryxos du sacrifice. C’est ce bélier qui donna la fameuse Toison d’Or.

Poséidon revendiqua de nombreuses villes, et toujours en compétition avec un autre dieu ou une déesse, et presque toujours à son désavantage. Lorsqu’il revendiqua Athènes et la région alentour, l’Attique, il planta son trident au milieu de l’Acropole, et il en surgit un lac d’eau salée, qui se trouvait encore dans l’Erechthéion à l’époque classique. Mais lorsqu’Athéna offrit à la ville le premier olivier, l’Attique lui revint, et Poséidon en conçut une grande colère.

Colère et chevaux fougueux, voilà le visage de Poséidon le terrestre, qui trouvera une certaine harmonie dès qu’il tournera sa domination vers la mer. Il devint, enfin, dieu tutélaire de l’île légendaire d’Atlantide, dont le l’organisation (tout aussi légendaire) devint un modèle pour la Grèce.

Après avoir courtisé la Néréide Téthis, il épousa finalement Amphitrite, une autre Néréide. Il ne semble pas qu’Amphitrite ait chercher à se transformer pour échapper à Poséidon, mais qu’elle se soit simplement retirée dans les montagnes de l’Atlas. Poséidon, ensuite, envoya son ami Delphinos plaider sa cause, et Amphitrite accepta les noces. Elle lui donna 3 enfants, Triton, qui éleva Athéna, ("D’Amphitrite et du bruyant Neptune naquit le grand et vigoureux Triton, dieu redoutable qui, dans les profondeurs de la mer, habite un palais d’or auprès de sa mère chérie et du roi son père." Hésiode, Théogonie), Rhodé, nymphe de l’île de Rhodes qui épousa Hélios (mais certains font de Rhodé la fille d’Aphrodite, ou bien la fille de Poséidon avec Halia, l’une des Telchines qui l’avait élevé), et Benthésicymé, qui habita sur la côte éthiopienne.

Le mariage ne modifia pas la nature aventureuse de Poséidon, qui continua de courtiser mortelles et immortelles. Amphitrite, de nature pourtant paisible, se vengea pourtant cruellement de Scylla que Poséidon avait courtisée. Elle jeta une certaine herbe dans le lac où se baignait la Phorcyde, et celle-ci se transforma en monstre, terreur des marins. Poséidon eut de nombreuses amantes et une descendance tout aussi nombreuse, parfois monstrueuse.

Il règne sur les mers de son palais merveilleux situé au fond des eaux. Dans l’iconographe antique et classique, on représente Poséidon sur son char marin, trainé par des chevaux ou des êtres mi-chevaux, mi-poissons, accompagné ou non de son épouse et de toute une suite de créatures marines.